Une nouvelle version plus exigeante
Le 30 septembre 2025 a marqué l’entrée en vigueur du nouveau référentiel BREEAM International New Construction V7. Les projets déjà engagés en V6 peuvent être enregistrés jusqu’au 27 janvier 2026. Fair Echo Advisory décrypte pour vous l’essentiel du nouveau référentiel BREEAM.
Avec cette nouvelle version, le BRE franchit un cap. Pour les projets en construction, les exigences sont renforcées. Le référentiel intègre au cœur de sa démarche une approche quantifiable et ambitieuse, articulée autour de trois piliers majeurs : la limitation de l’empreinte carbone via l’utilisation de matériaux bas carbone et une stratégie énergétique optimisée, une approche intégrée de la biodiversité, ainsi que l’impact et la prise en compte du confort des usagers dans la conception des projets.
On observe davantage de mesures quantitatives sur le carbone, la biodiversité et le confort, une plus grande clarté pour les investisseurs grâce à des items dédiés à l’alignement Taxonomie UE et à la projection CRREM, une vision long terme intégrée dès la conception, ainsi que des bâtiments conçus pour être plus sains, plus résilients et plus attractifs.
Un nouveau portail vient également remplacer les outils existants, avec un suivi d’avancement par catégorie en temps réel, une gestion centralisée des données, une meilleure intégration entre les équipes et les clients, ainsi qu’une génération facilitée des données pour les reportings ESG.
Un impact direct sur les niveaux de certification
Atteindre le même niveau de certification qu’auparavant demandera des améliorations de conception plus poussées ainsi qu’une coordination renforcée entre l’ensemble des parties prenantes du projet. Les évolutions du référentiel impliquent une attention accrue dès les premières phases de conception pour éviter une dégradation du score final.
L’analyse publiée par le BRE indique que, pour les projets évalués sur le référentiel International, il faut anticiper une baisse indicative d’environ –10 %. De notre côté, en appliquant les exigences de la nouvelle version sur plusieurs de nos opérations en cours, nos équipes ont observé une diminution moyenne d’environ 8 %, ce qui confirme l’ordre de grandeur communiqué par le BRE.
Des prérequis tournés vers l’avenir
On observe une évolution marquée vers la valorisation des systèmes énergétiques 100 % décarbonés, comme les pompes à chaleur ou les réseaux de chaleur verts, ainsi que l’intégration méthodique du carbone dès la conception afin de guider des choix plus durables et alignés avec les standards les plus exigeants.

De nouveaux crédits structurants
Hea 01 : Lumière naturelle (attention portée aux performances des vitrages)
Hea 02 : Lumière artificielle (adaptation des températures d’éclairage)
Hea 03 : Effets non visuels de la lumière (éclairage circadien)
Ene 07 : Réponse flexible à la demande énergétique
Ene 08 : Pilotage des installations (GTB Classe A)
Wat 05 : Prédiction des consommations réelles d’eau
Santé et confort : un niveau d’exigence renforcé
Les exigences en matière de santé et de confort sont significativement renforcées. Les projets doivent désormais intégrer des études acoustiques, lumineuses et de confort visuel approfondies, ainsi qu’un nouveau critère lié aux rythmes circadiens. Les simulations thermiques dynamiques doivent prendre en compte les scénarios climatiques futurs, tandis qu’un Plan Qualité de l’Air Intérieur est requis dès le niveau Very Good. Les exigences en matière d’accessibilité et de confort des usagers sont également renforcées.
Énergie et carbone : une approche plus systémique
Le référentiel introduit une approche plus globale de l’énergie et du carbone. Il intègre la flexibilité énergétique pour faciliter l’intégration au réseau, ainsi que le pilotage intelligent des installations via les données d’usage. La mobilité électrique est encouragée avec l’équipement de 10 % des places en bornes de recharge.
De nouveaux indicateurs font leur apparition, notamment les metrics EUI et CUI qui combinent approche énergétique et émissions de gaz à effet de serre. Des benchmarks carbone sont également introduits, tant pour les impacts liés à la construction que pour l’exploitation, et des crédits exemplaires sont prévus pour les stratégies de transition Net Zero.
Biodiversité : vers une approche mesurable
La biodiversité est un axe structurant du référentiel. Les projets doivent désormais mesurer le gain net de biodiversité à travers l’outil BNG (Biodiversity Net Gain), tout en valorisant la végétalisation urbaine via l’indicateur UGF (Urban Greening Factor). Des plans de gestion écologique devront être portés par des écologues agréés, et le choix du site s’inscrit dans une logique d’alignement avec la Taxonomie européenne, notamment pour les sites brownfield ou pollués.
Résilience et adaptation climatique
Les exigences en matière de résilience évoluent également, avec une meilleure prise en compte de l’adaptation au changement climatique, alignée avec les exigences de la Taxonomie européenne. La gestion des eaux pluviales est harmonisée avec les pratiques du référentiel In-Use.
Management, chantier et commissionnement
Le rôle du BREEAM AP devient un prérequis pour atteindre les niveaux les plus élevés. L’analyse en coût global est renforcée afin d’intégrer à la fois la performance environnementale et économique des projets. Les chantiers doivent répondre à des exigences accrues en matière de qualité, de sécurité et de circularité. Le commissionnement devient également un élément central, avec un plan requis dès le niveau Very Good et un suivi renforcé jusqu’au niveau Outstanding, incluant l’évaluation des usages réels et un accompagnement saisonnier.
Un impact financier à anticiper
Ces nouvelles exigences vont entraîner une hausse des coûts d’investissement.
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